2) Les 3 principales périodes de l'histoire Japonaise qui ont fait la renommée de Sakai.


Eric Chevallier grand spécialiste du Japon et de Sakai, coordinateur du marché étranger au bureau de promotion industriel de la ville nous les énumère :



- La période Kofun

Du 3ème au 6ème siècle, Sakai est une petite cité portuaire qui devient le centre spirituel et politique de l’ancien Japon, appellé le Yamato. On y construit les fameux tumulus d’empereur, dont celui de l’empereur Nintoku, la tombe la plus large du monde. Cette période s’arretera avec l’arrivée du bouddhisme et l’avènement de la cité de Nara puis Kyoto où les empereurs suivants déménageront. Cependant la ville garde de l’influence avec ses moines dont le célèbre Gyoki de Sakai qui a répandu le bouddhisme dans les couches populaires du Japon et a construit le Todaiji, le temple du grand bouddha à Nara. C'est donc à cette époque que les meilleurs artisans du pays se sont installés dans et autour de Sakai.



 

- La période Muromachi

- La coutellerie : Du 14ème au 16ème siécle, Sakai devient la plus puissante cité du Japon grace à la puissance de ses marchands. Les premiers européens (portugais et hollandais) qui y débarquent y voient clairement une main d'oeuvre de qualité organisée en Confréries qui arrive à recopier en quantité et qualité supérieure l'Arquebuse ou les couteaux à tabac. Finalement améliorés et transformés en de nombreuses formes de couteaux pour arriver à ce que l’on trouve aujourd’hui. C'est cela permet de remonter à l’ancêtre du couteau japonais, et de comprendre pourquoi Sakai s’est imposé historiquement dans ce domaine.


- Les Encens :Parallèlement les échanges avec l’Asie y sont intenses de par sa position privilégié sur la route de la soie et les fortes relations avec le Viet Nam feront de Sakai le plus grand producteur d’encens traditionnel du Japon encore aujourd’hui.


- Cérémonie du Thé : Cette période voit aussi Sen No Rikyu apporter la cérémonie du thé de Chine et la réformer à Sakai, ce qui donna naissance à la céremonie du thé japonaise épuré si célèbre aujourd’hui.


 


- La période Meiji, et la restauration impériale en 1868

Sakai redevient l’une des plus puissante cité du pays grace à son port qui devient l’une des portes d’entrée principale des étrangers avec Nagasaki et Yokohama. La ville devient une préfecture qui englobe nottament la région de Nara. Elle devient également une cité autonome qui autorise la circulation des étrangers dans son enceinte.

Sakai est absorbé par la préfecture d’Osaka en 1881 et reste une des plus importante ville pour l’industrie metalurgique nottamment dans la fabrication de navire de guerres lors des guerres russo japonaises, de la 1ère et seconde guerre mondiale.




 

- De nos jours :

- Les confréries qui sectorisent la fabrication d’un couteau traditionnel de Sakai existent encore et passent par 4 artisans avant d’etre vendu. Le forgeron qui assemble par fusion le fer et l’acier, donne une forme au métal. L’affuteur qui rend ce dernier tranchant en le polissant avec des pierres de grains plus ou moins fins. Le fabricant de manche s’occupe de respecter le cahier des charges selon les différentes commandes. Sélectionner l'essence de bois du manche, le tailler pour lui donner sa forme, assembler la mitre en corne de Buffle et pré percer pour recevoir la soie de la lame. Le fabricant de Saya , qui fabriquent ces fourreaux sur mesure adapté au couteau et le plus souvent en magnolia pour d'une part protéger le tranchant de la lame, mais aussi absorber l'humidité qui pourrait oxyder celle ci.

Pour finir le revendeur, grave les couteaux, assemble la lame au manche et s’occupe de la vente et de l’entretien de l’outil.


- Sakai est toujours le plus gros producteur d'encens traditionnels du Japon


- Les codes de la cérémonie du thé de Sen No Rikyu sont restés Inchangés jusqu'à nos jours




Merci Eric pour ces explications .


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